lundi 13 octobre 2014

71. Courir, échanger avec avec d'autres coureurs Light Feet Running près de chez vous

Vous cherchez à contacter autour de vous des coureurs qui pratiquent la foulée LIGHT FEET RUNNING: voici la liste des coureurs référents: Elle sera mis à jour au fur et à mesure et figurera dans la colonne droite du blog.


Ces personnes ne sont pas des coachs. Ce sont juste des coureurs volontaires pour partager leur expérience de la mise en pratique de la foulée médio-pied, telle que préconisée dans le livre "Courir Léger - Light Feet Running".



1. Nord (Lille): Thomas BERTIER : email : thomas@kouglof.net / son blog: http://totokoug.over-blog.com

2. Bas-Rhin (Sélestat): Virginie ETTLINGER : ; Facebook: Nie Ettlinger : email : nie.ettlinger@gmail.com

3. Essonne (Palaiseau): Sergio SILVIA : email: chilvaos@gmail.com

4. Corse (Ajaccio): - Fred BUSSIERE : email : sky2a@orange.fr
                                - Donia FABIANI : email : scud24@hotmail.fr

5. Hauts-de-Seine (Sèvres): Richard COFFRE. Facebook: Richard Coffre: email : ledisciple@gmail.com

6. Haut-Rhin (Blodelsheim): Olivier TOOROP: Facebook: Olivier Toorop: email : glubutz@free.fr

7. Indre (Châteauroux) : Vincent LUNEAU : email : famille-luneau@hotmail.fr

8. Seine St Denis (Montreuil) : Richard THIBAUD : email : thibaud.richard@hotmail.fr

Belgique : (Libin): Julien DEOM : email : juliendeom@gmail.com 

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Les coureurs qui ont mis en pratique les conseils du livre et qui souhaitent devenir coureur référent peuvent me contacter: afbra@hotmail.com : c'est totalement gratuit, sans aucun engagement, non rémunéré.

lundi 6 octobre 2014

70. Le rôle des pieds en images


Le pied humain se compose de 26 os, 107 ligaments et 19 muscles. C'est peu de dire que leur rôle en course à pied fait encore débat. 

Doivent-ils être enserrés dans une chaussure rigide ou au contraire être dans un environnement le plus souple et confortable possible pour exprimer toute leur plasticité et leurs formidables propriétés biomécaniques ?

Souvent une image vaut mieux qu'un long discours : voici donc au ralenti la pose des pieds nus en pleine action du champion éthiopien Haile Gebreselassie:


Pied droit:

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Pied gauche:

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(lien youtube: http://youtu.be/Tek2JuRcO_w)

On peut observer l'écrasement du pied à l'impact: chose impossible si le coureur plantait d'abord son talon dans le sol :





vendredi 19 septembre 2014

69. Se pencher en avant en courant : une histoire de poule et d'oeuf ?

Ceux qui s'intéressent à la foulée médio-pied ou avant-pied ont certainement entendu le conseil consistant à se pencher en avant : cette prise de pente devant partir des chevilles et non pas du bassin: le fameux "lean forward" (voir illustration).

source: http://www.drnicksrunningblog.com/treating-running-injuries-form-vs-footwear/


A ma connaissance, ce conseil a deux origines tout à fait différentes :
- l'argument selon lequel la gravité serait le moteur principal de la foulée du coureur;
- la constatation visuelle que les meilleurs coureurs semblent en effet se pencher en avant lorsqu'ils courent.

L'utilisation de la force de gravité comme moteur principal de la foulée (telle que préconisée par certaine méthode, ex: Pose) est l'objet de beaucoup de critiques. Il existe un certain nombre d'articles scientifiques qui démontrent le contraire. Le fondateur de la méthode Pose aurait lui-même reconnu en 2009 que la gravité ne jouait pas un rôle si important dans sa méthode (voir: http://canute1.wordpress.com/2010/02/14/problems-with-pose/). D'ailleurs, si la gravité était si fondamentale dans la foulée médio-pied, alors le coureur devrait ralentir énormément dès que la pente s'élève même un tout petit peu. Or, il n'en est rien. Je dirai même que la foulée médio-pied est particulièrement performante en montée, beaucoup plus que l'attaque talon.

S'agissant de l'observation des meilleurs coureurs, on peut se poser de la question de savoir si le fait qu'ils se penchent en avant est un facteur de vitesse ou si ce n'est pas plutôt la conséquence de la forme de leur foulée à haute vitesse (et en particulier de leur poulaine).
Si on observe d'excellents coureurs à basse ou moyenne vitesse, avec une très bonne technique médio-pied, il n'est franchement pas évident qu'ils essaient de se pencher en avant. J'ai étudié dans le détail la foulée d'Anton Krupicka courant à une allure modérée et à aucun moment on ne perçoit cette recherche de pente vers l'avant (voir photo). Je pourrais citer beaucoup d'autres exemples (Craig Alexander, Mirinda Carfrae, Andreas Ralaert....).

Si on essaie d'analyser les choses, on arrive à la conclusion que l'explication de cette pente vient de la poulaine que développent les coureurs rapides et en particulier de la manière dont ils recherchent l'amplitude en synchronisant, d'une manière très précise, la poussée de leur jambe arrière avec le positionnement de leur jambe avant (et en particulier du tibia). 

C'est avant tout parce qu'ils adoptent une certaine poulaine qu'ils doivent se pencher en avant et ce n'est pas l'inverse.

Voici l'explication en image et j'ai choisi pour cela l'image d'un coureur qui se penche vraiment beaucoup vers l'avant.

source : http://paleophil.com/2013/11/20/geometrie-de-la-course-a-pied-un-peu-de-trigonometrie/
Sur cette photo, on constate la synchronisation que je viens de décrire durant la phase d'envol entre la cuisse arrière et le tibia avant : à un instant durant le cycle de foulée, pour tous ces coureurs à l'excellente foulée, le tibia avant se retrouve parallèle  (ou quasiment) à leur jambe arrière au moment où elle est en extension. Cette position apparaît clairement sur les lignes vertes que j'ai tracées sur sa cuisse arrière, sa cuisse avant et son tibia avant. Toutes ces lignes sont quasiment à angle droit. Cette posture, particulière et symétrique, est typique des coureurs d'endurance les plus rapides .


Si on mesure, on peut constater approximativement que :
- l'angle que forme le buste avec la cuisse arrière est d'environ 25° (C'est l'angle d'extension de sa hanche);
- l'angle que forme la cuisse avant et la cuisse arrière est lui d'environ 99°.

Maintenant si ce coureur avait le buste droit (ligne rouge), l'ouverture de sa hanche ne serait plus de 25° mais de 40° (!), ce qui serait extrême et pas tenable. 

S'il voulait garder le même angle (25°) avec un buste droit et le même angle entre ses deux cuisses (99°), sa cuisse avant devrait alors se placer sur la ligne tracée en bleu : cela l'obligerait à lever sa cuisse très haut, ce qu'un athlète peut éventuellement tenir en sprint mais certainement pas en endurance; une telle levée de genou rendrait sa foulée absolument pas économique.

On voit donc que le coureur est obligé de se pencher en avant pour pouvoir respecter ce parallélisme (ou quasiment) entre sa jambe arrière en extension et son tibia avant. 


En conséquence, dès que l'amplitude de la foulée est moindre et que l'angle d'ouverture de sa hanche est plus réduit, son buste peut parfaitement être beaucoup plus proche de la verticale (ce qu'on peut constater de visu en observant les bons coureurs médio-pied à allure moyenne).

En conclusion:
- il ne faut pas se préoccuper de se pencher en avant mais beaucoup plus du trajet de son pied (de sa poulaine);
- se pencher en avant à partir d'une certaine recherche d'amplitude devient très intéressant voire même absolument nécessaire pour avoir le meilleur compromis entre l'envol et l'économie de course;
- j'invite les coureurs à rechercher ce parallélisme cuisse arrière/tibia avant quand ils cherchent à gagner en amplitude en courant médio-pied.

Ces conseils s'adressent plutôt aux coureurs confirmés en médio-pied. 

Bonnes foulées !


 


jeudi 28 août 2014

68. Quelques conseils pour bien poser sa foulée LFR

En cette rentrée, autant partir sur de bonnes bases techniques. Voici donc, en complément de toutes les explications du livre, quelques recommandations très simples pour bien mettre en place votre foulée LFR en début de séance:

Première phase : commencer simplement, lors de l'échauffement, de 10' à 12', à vous concentrer sur les 3 points suivants:
- pose de pied près du centre de gravité,
- posture globale droite,
- cadence de foulée soutenue : je conseille le truc très simple suivant: avec votre montre chrono, vous commencez à compter vos pas d'un seul côté par période de 15 s. : par exemple, vous attendez que votre chrono passe à 0s: puis vous comptez 22 poses de pied d'un seul côté et ensuite vous regardez votre chrono de nouveau: il ne doit pas avoir dépassé encore les 15s. Ainsi, vous serez dans une tranche de fréquence d'au moins 176. (Ce chiffre n'est pas dogmatique mais indicatif : il correspond aux retours d'expérience des pratiquants.)

Pourquoi une telle cadence même durant l'échauffement et donc à basse vitesse par définition ? Une telle cadence a l'immense avantage d'obliger le coureur à rester bien stable et vertical sur ses appuis. J'ai pu constaté que les coureurs ont tendance à baisser excessivement leur cadence lorsqu'ils ralentissent ; de ce fait, ils ont tendance à produire des mouvements parasites qui les déstabilisent. Une foulée stable et bien rectiligne facilite l'économie de course. Augmenter la cadence permet justement de garder une foulée qui dévie peu de son axe. Tout laisse à croire également qu'une cadence soutenue peut limiter certaines blessures. Évidemment, les sources de blessures en course à pied sont une sujet complexe et il est souvent extrêmement difficile d'identifier la raison de certaines blessures. Il n'en reste pas moins que beaucoup de travaux et de constatations de praticiens tendent à montrer que le fait de courir en gardant le plus possible un certain alignement musculaire (cheville, genou, hanche et maintien quasi-constant de l'horizontalité latérale du bassin et des épaules)(*) constitue une "bonne pratique" face aux blessures. On peut comprendre aisément que le coureur, qui doit encaisser jusqu'à 3 fois le poids de son corps, a tout intérêt à garder ses appuis bien en ligne, au risque, sinon, de faire souffrir ses articulations et ses tendons. Amusez-vous à faire des squats avec le corps désaxé (même un peu) et vous verrez !

Seconde phase : une fois que vous sentez à l'aise dans l'application des principes de la première phase et suffissament échauffé, appliquez-vous à commencer à plus relever le pied arrière (aérien) pour l'amener, environ sur une ligne horizontale passant à la hauteur du genou de votre jambe d'appui et initiez la flexion du genou aérien (voir les détails de le livre). Concentrez-vous d'abord sur une jambe pendant 4 foulées. Puis concentrez-vous sur l'autre jambe pendant 4 foulées et répétez l'exercice jusqu'à ce que cela devienne tout à fait naturel.

Troisième phase : à force d'avoir bien "enclenché" le retour du pied arrière sur une bonne trajectoire durant la phase 2, vous devriez commencer à ressentir l'énergie élastique générée par votre pied et votre mollet lors du retour du pied. Vous rentrez dans le monde des délicieuses sensations de la foulée médio-pied. La sensation doit être quasiment proche de celle d'un coureur qui courerait avec des lames à ressort. C'est le signe que votre foulée est bien posée. Vous pouvez alors mettre en jeu votre bassin et votre ceinture abdominale pour allonger l'amplitude de la foulée.

Vous pourrez ensuite dérouler votre foulée LFR. Pour tous les autres détails techniques, je vous renvoie au livre.

Durant toutes ces phases, cherchez à toujours rester dans la même cadence peu ou prou et ne laissez jamais vos bras inactifs. Même à faible allure, ils doivent accompagner votre foulée. 

Je vous conseille de toujours garder ces 3 phases en tête dans leur ordre chronologique, surtout si vous commencez à fatiguer : en cas de coup de moins bien, laissez tomber d'abord les conseils de phase 3, puis de phase 2. Ainsi, la fondation pyramidale de votre foulée doit être constituée, à la base, des conseils de la phase 1, le milieu ceux de la phase 2 et le haut ceux de la phase 3.

 
Je vous invite évidemment à appliquer aussi tous les autres conseils du livre (sur la pose médio-pied, l'appui genou fléchi, etc....).

Pensez à rejoindre le groupe facebook "Courir Léger - Light Feet Running" pour plus d'infos et de discussion sur le sujet.

Bonne rentrée !

(*) Pour approfondir le sujet, lire par exemple "Anatomy for Runners" du Dr. Jay Dicharry et "La course à pied, posture, performance" de Frédéric Brigaud.


mercredi 30 juillet 2014

67. Des approches différentes de la foulée médio-pied et un résultat bien différent

La foulée médio-pied n'est pas quelque chose de codifier, si ce n'est comme son nom l'indique le fait que la pose du pied aura tendance à se faire sur l'avant-pied (et pas sur le talon). Maintenant, le problème est que la biomécanique de la foulée ne se réduit pas à la simple pose de pied et que l'expression médio-pied peut recouvrir différentes foulées.

Pour preuve, voici une comparaison en vidéo.

Sur la première vidéo qui suit, un coureur applique les conseils donnés par le site Good Form Running (sponsorisé par New Balance) pour avoir une foulée médio-pied. Les conseils de ce site sont très simples (et on les retrouve dans beaucoup d'ouvrages et de sites consacrés au barefoot running et à la foulée médio-pied). 

Ces conseils sont au nombre de quatre (voir schéma tiré de leur site):
- se tenir droit,
- se pencher légèrement en avant à partir des chevilles,
- poser son pied sur l'avant-pied,
- appliquer une cadence de foulées de 180 foulées par minute.


Voici le résultat en images:

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Sur la seconde vidéo, on voit le coureur Anton Krupicka, justement connu et reconnu pour parfaitement maîtriser la technique médio-pied. J'ai choisi cette vidéo en particulier car Anton ne court pas tellement plus vite que le coureur sur l'autre vidéo.


video



On ne peut être que frapper par la différence de gestuelle. La foulée sur la première vidéo ne ressemble absolument pas à celle de Krupicka, avant tout du fait du trajet du pied qui est très différent.

la foulée de Krupicka est un très bon exemple de la biomécanique que je détaille et explique dans mon livre. Ces explications intègrent toute une réflexion sur l'utilisation de certains groupes musculaires spécifiques (en particulier les fessiers, abdominaux et ischio-jambiers) qu'on retrouve chez Krupicka (et beaucoup d'autres excellents coureurs) et justement pas dans une approche de la foulée médio-pied, telle que Good Form Running.
 








lundi 7 juillet 2014

66. Résultats de l'étude sur la foulée médio-pied Courir Léger - Light Feet Running (2ème partie)

Voici donc le second volet de l'enquête sur les effets de la foulée médio-pied Light Feet Running; cette fois, il s'agit des résultats des coureurs qui pratiquent la foulée médio-pied depuis moins de six mois (j’appellerai ces coureurs le "groupe B" en opposition au "groupe A" c'est à dire l'échantillon de coureurs qui lui pratiquent cette foulée depuis plus de six mois).

(NDLR: Pour une meilleure compréhension, je dissocie la partie analyse factuelle de l'enquête du commentaire personnel (écrit en italiques). J'indique aussi en rappel les résultats du groupe (A) qui pratique depuis plus de six mois.)

1) Sexe

L'échantillon des 27 lecteurs pratiquant depuis moins de 6 mois était composé de :
- 96,3% : 26 hommes
- 3,7% : 1 femme

La composition du groupe A était très proche:
- 95,3%: 41 hommes
- 4,7%: 2 femmes

2) Age / fréquence d'entraînement / Pratique

Leur tranche d'âge était:
- 36-45 ans = 70,4%
- 25-35 ans = 14,8%
- 46-55 ans = 14,8%
- de 25 ans = 3,7%

La fréquence d'entraînement de ces coureurs était:
- 3 fois par semaine (13 citations)
- 4 fois par semaine (6 citations)
- 1 ou 2 fois par semaine (8 citations)
- 5 fois par semaine (3 citations)

Leur pratique était:
- triathlon (14 citations)
- course sur route (12 citations)
- trail (8 citations)
- ultra-trail (2 citations)
- ultra-marathon (1 citations)

La répartition de l'expérience des coureurs en médio-pied était la suivante:
- 74%  entre 3 et 6 mois
- 18,5% entre 2 à 3 mois
- 3,7% moins de 2 mois.

3) Les conséquences de la foulée médio-pied sur la performance chronométrique

44% des coureurs disent avoir subi un léger mieux et courir légèrement plus vite.
28% des coureurs disent avoir connu une réelle amélioration de leur performance chronométrique.
16% des coureurs disent ne pas avoir amélioré leur chrono.
12% des coureurs disent avoir régressé en termes chronométriques.

Par rapport au groupe A, le pourcentage global d'amélioration est similaire; simplement dans cet échantillon B, moins de coureurs ont répondu avoir ressenti une réelle amélioration et plus on répondu avoir connu un léger mieux. Cela semble dire que plus on pratique cette foulée et plus on augmente ses chances d'améliorer son chrono ou, tout au moins que l'inverse n'est pas vrai (c'est à dire que la foulée médio-pied ne fait pas perdre en performances chronométriques). 

Dans l'échantillon A, 3/4 des coureurs avaient répondu avoir amélioré leur chrono à la suite de la mise en pratique de la foulée médio-pied. Dans cet échantillon B, c'est 72% (soit un taux assez identique).

4) La mise en oeuvre de la foulée médio-pied et les blessures

46% des coureurs répondent qu'ils ne se sont pas blessés après avoir mis en oeuvre la foulée médio-pied.

Ce taux n'est pas très cohérent avec l'échantillon A dont le taux de blessure est moins élevé. Le fait que moins de coureurs se blessent après 6 mois qu'avant 6 mois n'est pas logique: en fait, ce taux devrait logiquement augmenté si l'on considère que c'est la pratique de la course à pied dans son ensemble qui peut générer des blessures. On peut aussi interpréter cette apparente contradiction par le fait qu'une fois une certaine période d'adaptation passée, la foulée médio-pied devient une pratique moins à risque de blessures que dans le cas d'une foulée plus répandue (du type attaque talon). Mais sur ce point, je pense qu'il faudrait faire une nouvelle enquête plus fine et plus spécifique.

Les blessures les plus citées sont les suivantes lors de la mise en oeuvre de la foulée médio-pied:
- pied: 5 citations (et en grande partie par des coureurs portant des VFF ou courant pieds nus)
- cheville: 3 citations
- genou: 5 citations
- hanche : 1 citation
- bas du dos : 5 citations
- mollet : 1 citation

L'échantillon A avait cité avant tout les blessures au pied et aucune blessure au bas du dos. Le nombre de blessures au genou était comparable. Je n'ai pas d'explications particulières sur cette question du bas du dos. Est-ce parce que le coureur n'a pas encore un bon amorti naturel du pied durant les premiers mois de sa transition vers la foulée médio-pied ? Est-ce parce que le corps doit se renforcer dans cette partie ? Est-ce une question de souplesse lombaire ? Je n'ai pas d'explications à fournir. Il semblerait toutefois que ces problèmes de bas du dos s'estompent au vu des réponses de l'échantillon A. Ils seraient donc liés à la transition et non à la pratique de la foulée médio-pied.

Maintenant concernant l'effet de la foulée médio-pied sur la correction des blessures, on constate que seulement 4 coureurs disent que leurs blessures ne se sont pas résolues. 
Les blessures résolues grâce à la foulée médio-pied sont:
- genou: 8 citations
- arrêt du port de semelles orthopédiques: 4 citations
- pied: 5 citations
- cheville: 3 citations

Les effets bénéfiques sont donc ressentis avant une période de six mois de transition.
Concernant l'effet de la foulée médio-pied sur les mollets (il y avait plusieurs réponses possibles):
- 8 coureurs disent qu'ils n'ont pas vraiment connu ce genre de problèmes
- 13 coureurs répondent qu'au début ils ont un peu connu ce problème mais qu'il a vite disparu
- 5 coureurs répondent qu'ils se sont blessés dans cette partie du corps et/ou qu'ils ont des problèmes récurrents dans cette partie du corps. 

5) Les effets sur le physique du coureur:

20 coureurs sur 27 ont répondu qu'ils ont constaté des effets sur leur physique à la suite de la mise en oeuvre de la foulée médio-pied.

Ces effets sont (dans l'ordre du plus au moins cité):
- changement d'usure des chaussures (10 citations)
- musculation des mollets (5 citations)
- musculation des pieds (5 citations)
- musculation des fessiers (8 citations)
- musculation des abdominaux (4 citations)

7 coureurs sur les 27 coureurs disent ne pas avoir perçu d'effets sur leur physique (et en majorité, il s'agit des coureurs qui disent utiliser des chaussures de plus de 250gr). Il n'était que 4 à repondre ainsi dans l'échantillon A.

Cela semble indiquer que les effets sont ressentis relativement vite et avant une période de six mois de cette pratique médio-pied. A noter que l'échantillon A avait logiquement cité de manière plus majoritaire des modifications du type corporel (au delà de la simple usure de la semelle de la chaussure).

6) l'effet sur le plaisir de courir:

24 sur 27 coureurs ont répondu qu'ils ont amélioré leur sensation de plaisir à courir avec la foulée médio-pied. 3 coureurs ont répondu non.

Dans l'échantillon A, 42 coureurs avaient répondu oui et seulement un coureur avait répondu non.

Cela confirme que les effets de la transition sont ressentis bien avant 6 mois de transition.

7) l'application des conseils du livre:

69,2% disent appliquer la plus grand partie des conseils du livre.
30,8% disent appliquer une partie des conseils du livre.
Aucun coureur n'a répondu ne pas appliquer les conseils du livre.

8) l'alternance avec une autre foulée

26,7% des coureurs disent ne plus pratiquer une foulée autre que la foulée médio-pied (ils sont 67,4% dans l'échantillon A). 20% disent alterner (ces réponses viennent en particulier des traileurs).

53,3% répondent ne pas encore maîtriser la foulée médio-pied. 

9) la maîtrise de la foulée médio-pied:

53,3% de l'échantillon dit qu'ils ne pensent pas bien maîtriser la foulée médio-pied. Je rappelle que la moitié de l'échantillon est composé de coureurs qui ont pratiqué la foulée médio-pied depuis mois de 6 mois. La quasi-totalité des coureurs qui pratiquent cette foulée depuis plus de 6 mois avait répondu qu'ils la maîtrisaient.

Ces réponses vont de le sens de la nécessité d'une période de transition qu'on peut estimer - sur la base de 3 sorties par semaine - à généralement moins de six mois (bien entendu, cela peut varier d'un coureur à l'autre).

77% des coureurs ne sont pas filmés pour observer leur foulée et 33% des coureurs se sont filmés pour observer leur foulée.

10) le type de chaussures utilisées

Voici l'ordre de citations des chaussures par les coureurs:
- chaussures légères (entre 150gr et 250 gr): 20 citations
- chaussures traditionnelles (+ de 250gr) : 10 citations
- chaussures minimalistes (moins de 150gr): 1 citations
- VFF ou équivalent : 5 citations
- pieds nus: 1 citations

Les coureurs utilisent donc avant tout des chaussures légères mais un certain nombre assez important continue d'utiliser des chaussures traditionnelles. La raison est probablement que 25% de ces coureurs sont encore en début de transition (moins de 3 mois).

11) le drop utilisé

Voici l'ordre de citations du drop des chaussures utilisées:
-  de 4 à 6mm: 12 citations
- de 0 à 4mm: 3 citations
- 0 : 4 citations
- entre 6 et 10mm : 9 citations
- + de 10mm : 0 citation

12) les raisons pour passer à la foulée médio-pied

Les raisons principales pour passer à une foulée médio-pied sont:
- pour optimiser sa foulée (24 citations)
- pour guérir une blessure (14 citations)
- par suggestion des médias (6 citations)
- sur le conseil d'un ami (6 citations)
- sur le conseil d'un professionnel de la santé (1 citation)

Ces chiffres sont très proches de ceux collectés auprès de l'échantillon A qui court depuis plus de six mois (ce qui semble tout à fait cohérent).

Conclusion:

Ces réponses affinent l'analyse de la période de transition vers une foulée médio-pied.

Elles tendent à démontrer que la période de transition n'a pas forcément à être très longue : on est loin des 12 à 24 mois dont on entend parler dans la pratique totalement pieds nus. Cela tient certainement à la protection de la chaussure qui évite de devoir habituer son pied au contact pieds nus contre le sol.
Le fait de passer en médio-pied semble avoir été largement bénéfique pour l'immense majorité de cet échantillon B, donc avant même une période de six mois de pratique.

(article également publié le 7.7.2014 sur Trimes.org)

mardi 1 juillet 2014

65. Caitlin Snow, un modèle de foulée en triathlon longue distance

La triathlète Caitlin Snow a encore réalisé hier dimanche une énorme performance sur le marathon de l'IM de NICE (2h52'26").

J'ai déjà parlé de sa foulée en détails sur mon blog. La voici en images sur un autre Ironman en 2012:

vitesse réelle :


(lien vers la vidéo vitesse réelle ici)

au ralenti :


(lien vers la vidéo au ralenti ici)

Tous les lecteurs du livre "Courir léger - Light Feet Running" à l'oeil aiguisé capteront les nombreux éléments biomécaniques que je souligne pour avoir une foulée efficace.

Pour l'immense majorité des triathlètes LD, sa foulée possède au moins 4 caractéristiques dont ils peuvent s'inspirer pour mieux courir sur IM :

- son excellente biomécanique: pose de pied près du centre de gravité, pas d'"overstriding", utilisation de l'effet rebond du sol, bonne posture générale, bon maintien et stabilité du bassin et des épaules lors du soutien (avec un petit bémol peut être concernant ses bras qui sont un peu trop pliés) :

- utilisation du haut du corps pour se propulser, ce qui est évidemment adapté au triathlon compte tenu de la fatigue générée par le vélo ;

- l'utilisation de l'ouverture de la hanche généré avant tout par la mobilisation des muscles fessiers et du tronc et qui repose les quadriceps éreintés par le vélo ;

- une cadence élevée (autour de 190-200) : ce qui lui permet avec une foulée relativement courte et économique de courir sur des bases de 4' au km sur un marathon Ironman. Cette cadence l'aide à limiter considérablement ses oscillations verticales et ses impacts au sol afin d'optimiser son économie de course.

Au final, une foulée hyper efficace, qui pourtant ne paye pas de mine au premier abord pour une athlète au physique plutôt commun (1m60 / 52kgs).

A méditer pour votre prochain IM !

(Ndlr: il y aurait semble-t-il débat sur la réalité des 42,195km à Nice à un kilomètre près)

(article également paru sur trimes.org)